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NotreDame-de-la-Délivrande,uncultemondial. Toute la semaine, Douvres-la-Délivrande, petite commune du Calvados, célèbre sa Vierge noire, à l’occasion du 150e anniversaire de son couronnement. Alençon. Kaïlla, 9
Ily a un an, était commémoré le 150e anniversaire de la Commune de Paris : il est encore temps de revenir sur cet important épisode de notre histoire. 22h49.
LaCommune de Paris a eu lieu il y a exactement 150 ans. Alors que la Ville de Paris lance les célébrations du 150e anniversaire de l’insurrection, VL. a décidé de
LaCommune de Paris, c auserie de Michel Pinglaut. 35 personnes environ. De janvier Ă novembre, prĂ©sentation du livre La Commune et les communards du Cher par Jean-Pierre Gilbert (La Borne, Pigny, Subligny, Tour de Vesvre, Morogues, Henrichemont, Bourges.) 8 sĂ©ances avec 160 personnes environ. 19 septembre, Vierzon. Parcours Ă
1871– 2021 : c’est le 150e anniversaire de la Commune. Certains veulent la commémorer, d’autre la célébrer. Tout le monde a bien saisi l’enjeu politique. Comment ne pas laisser le monopole du cœur aux barons du moribond Parti Socialiste qui veulent planter des araucarias, en hommage à la Vierge Rouge, Louise Michel condamnée au bagne en
Idée Cadeau Anniversaire De Rencontre Pour Homme. EXPLIQUEZ-NOUS - La ville de Paris va célébrer jeudi le 150e anniversaire de la commune. Une commémoration qui fait l’objet d’une parle d’un événement sanglant de l’histoire de France qui fait encore débat, un vrai débat clivant entre la gauche et la droite. Au conseil de Paris, début février la discussion a duré plus d’une heure. Il s’agissait de voter une subvention pour l’organisation des cérémonies qui auront lieu jeudi. L’opposition de droite s’y est opposé défendant l’idée qu’on ne célèbre pas une guerre que l’on peut qualifier la commune de guerre civile ?C’est dabord un mouvement d'insurrection mais qui s’est effectivement terminé dans le sang, avec des milliers de morts et des scènes de guerre dans départ de cette histoire, il y a la défaite militaire de la France face à la Prusse en 1870. Napoléon III abdique et laisse la place à la Troisième république. Un gouvernement s’installe à Bordeaux puis revient à Versailles et négocie une reddition avec le chancelier Prussien prévoit toute une série de conditions humiliantes pour la France et notamment la livraison à l'ennemi de 227 canons qui assurent la défense de Paris. C’est inacceptable pour les Parisiens, parce ce sont eux qui ont payé ces canons, à travers une souscription. Pas question de les offrir aux que ces Prussiens imposent un blocus à Paris depuis 4 mois. Les Parisiens meurent de faim. On a mangé les chats, les chiens, les rats et même les animaux des zoos. Notamment les deux éléphants du jardin des peuple de Paris est à genoux, mais il n’accepte pas la capitulation et la perte des canons. Il va se soulever, à la fois contre les Prussiens et contre le gouvernement de va durer deux moisDu 18 mars au 28 mai. Les Parisiens ont pris le pouvoir avec l’aide de la garde nationale. Les Versaillais envoient des troupes, mais elles fraternisent avec les un mouvement populaire, utopique, anti-élite mais aussi violent. On pourrait presque oser la comparaison avec les gilets tout cela va mal se terminer. L'armée finit par intervenir. C'est une semaine sanglante. Environ communards sont tués dans les combats. Et on compte un peu plus de morts du côté Versaillais. 147 fédérés sont fusillés au cimetière Père Lachaise. Ceux-là sont encore célébrés tous les ans par le parti révolutionnaires passent en conseil de guerre. sont condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Dont l’une des meneuses Louise ans après, ces événements restent fondateurs pour la gaucheLa commune de Paris a voulu réinventer le monde, et dans l'effervescence révolutionnaire on a inventé des idées tout à fait nouvelles. Pour la première fois on parlait de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. L’idée de séparation de l'église et de l'État est évoquée plus de 30 ans avant la loi de 1905. On défend l’union libre, la justice gratuite, la réquisition des logements vides pour les sans-abris. Des notions qui sont encore dans le débat les élus parisiens de droite veulent que l’on rappelle aussi les crimes de la communeParce qu’il y en eu les communards ont incendié, l'hôtel de ville, les Tuileries, le palais d’Orsay, le Palais royal et plusieurs synagogues parisiennes. Le 26 mai, juste avant la chute, ils ont exécuté 51 prisonniers dont dix prêtres et 39 gendarmes. Ils ont aussi pris en otage puis assassiné des moines dominicains qui étaient venus d'Arcueil pour ramasser les blessés. Les communards n’étaient pas des enfants de cœur. On peut commémorer l’anniversaire sans pour autant les célébrer.
Notre journal La Commune propose Ă ses lecteurs deux dossiers consacrĂ©s au 150e anniversaire de la Commune de Paris le premier, dans le numĂ©ro 127, retrace, Ă la lecture de La Guerre civile en France, 1871 La Commune de Paris, de Karl Marx, les causes de la Commune de Paris, sur un temps long les 80 ans qui la sĂ©parent de la RĂ©volution française et un temps court la guerre franco-prussienne et le siège de Paris ; ce dossier essaie de faire revivre la première journĂ©e des 72 jours d'existence de la Commune de Paris, le 18 mars 1871 ; le deuxième dossier, dans le numĂ©ro 128, traitera, entre autres, de l'internationalisme de la Commune Ă travers le portrait de ses militants Les causes profondes de la Commune de Paris la bourgeoisie contre la rĂ©volution Après chaque rĂ©volution, qui marquait une phase plus avancĂ©e dans la lutte des classes, le caractère purement rĂ©pressif du pouvoir d'État ressortait avec un relief de plus en plus impudent »1 La Commune de Paris, c'est la dernière rĂ©volution du XIXe siècle ; c'est aussi, lors de la Semaine sanglante, le dernier assaut menĂ© par la bourgeoisie contre le prolĂ©tariat au XIXe siècle, le dernier assaut d'une longue sĂ©rie depuis la rĂ©volution de 1789, un des plus sanglants aussi. Tout au long du XVIIIe siècle, la classe bourgeoise travaille Ă disposer pleinement et, pour ses seuls intĂ©rĂŞts, de l'appareil d'État mis en place pendant la monarchie absolue, en bref Ă s'emparer du pouvoir politique. La rĂ©volution de 1789 est pour la bourgeoisie le moment clĂ© oĂą elle en prend possession et le ravit Ă l'aristocratie et au clergĂ© ; cette bourgeoisie royaliste n'a pas encore besoin de la RĂ©publique pour mener ses affaires ; le 17 juillet 1791, au Champ de Mars, elle fait massacrer le peuple qui pĂ©titionne pour la dĂ©chĂ©ance royale et pour la proclamation de la RĂ©publique ; après la prise du Palais des Tuileries le 10 aoĂ»t 1792 par les sans-culottes et la promulgation de la Commune insurrectionnelle, la bourgeoisie est contrainte Ă l'abolition de la royautĂ© mais va dĂ©sormais utiliser tous les moyens pour venir Ă bout du prolĂ©tariat et le cadenasser lors de la rĂ©action thermidorienne chute de Robespierre, le 9 Thermidor an II, du Directoire et de l'Empire. Mise Ă l'Ă©cart par l'aristocratie de retour au pouvoir pendant la Restauration, la bourgeoisie, Adolphe Thiers Ă sa tĂŞte, est Ă la manĹ“uvre pendant la rĂ©volution de 1830 comme l'explique Karl Marx, la rĂ©volution de 1830, qui aboutit Ă un transfert de gouvernement des propriĂ©taires terriens aux capitalistes, le transfĂ©ra des antagonistes les plus Ă©loignĂ©s des ouvriers Ă leurs antagonistes les plus directs »1 ; avec Louis-Philippe, les banquiers reviennent sur le devant de la scène et dirigent le gouvernement l'exploitation industrielle de la classe ouvrière, de ses enfants Ă l'usine connaĂ®t un essor ininterrompu pendant cette première moitiĂ© du XIXe siècle. La lutte des classes s'exacerbe jusqu'en 1848 notamment en 1834 Ă Lyon, avec la rĂ©volte des canuts mais aussi dans tous les grands centres urbains et industriels oĂą les ouvriers luttent pour leur survie et leurs droits. En fĂ©vrier 1848, le prolĂ©tariat est en armes dans les rues de Paris ; la seconde RĂ©publique est promulguĂ©e ; quatre mois plus tard, en juin, la rĂ©volution est rĂ©primĂ©e dans le sang Les bourgeois rĂ©publicains qui, au nom de la rĂ©volution de FĂ©vrier, s'emparèrent du pouvoir d'État, le firent servir aux massacres de Juin, afin de convaincre la classe ouvrière que la RĂ©publique sociale » cela signifiait la RĂ©publique qui assurait leur sujĂ©tion sociale, et afin de convaincre la masse royaliste de la classe bourgeoise et terrienne qu'ils pouvaient en toute sĂ©curitĂ© abandonner leurs soucis et les Ă©moluments du gouvernement aux rĂ©publicains » bourgeois »1. Face Ă la menace du prolĂ©tariat et Ă la lutte des classes, la RĂ©publique, avec Louis Bonaparte comme prĂ©sident, est momentanĂ©ment le rĂ©gime qui permet Ă toutes les classes dirigeantes de s'entendre, aristocrates comme bourgeois Les entraves, que sous les rĂ©gimes prĂ©cĂ©dents leurs propres divisions avaient encore mises au pouvoir d'État, furent Ă©cartĂ©es par leur union ; et en vue du soulèvement du prolĂ©tariat qui menaçait, ils se servirent alors de ce pouvoir d’État sans merci, avec ostentation, comme l'engin de guerre national du Capital contre le Travail »1. L'Empire, suite au coup d’État du 2 dĂ©cembre 1851, devint alors pour cette bourgeoisie la forme de gouvernement utile pour dĂ©velopper la banque, le commerce et l'industrie tout en rĂ©primant les masses productives. Si la bourgeoisie est obligĂ©e pour cela de renoncer Ă ses pouvoirs parlementaires, elle concentre pouvoirs Ă©conomiques et politiques comme jamais en 1867, Eugène Schneider, maĂ®tre des forges du Creusot, prĂ©sident du ComitĂ© des Forges, rĂ©gent de la Banque de France, administrateur de la SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale, est aussi maire du Creusot, prĂ©sident du Conseil GĂ©nĂ©ral de SaĂ´ne-et-Loire et … prĂ©sident du Corps lĂ©gislatif ! OpprimĂ©es, les masses productives n'en rabattent pourtant pas les grèves se multiplient en 1864, NapolĂ©on III a dĂ» autoriser les coalitions ouvrières ; les travailleurs s'organisent en 1864, l'Association Internationale des Travailleurs est créée Ă Londres. RĂ©primĂ©e fĂ©rocement en juin 1848, la classe ouvrière ne dĂ©sarme pas et s'oppose Ă l'Empire. C'est dans ce contexte que, soucieux de sauver l'Empire et d'assurer sa longĂ©vitĂ© dynastique, alors que le prolĂ©tariat se dresse chaque jour plus fort contre le pouvoir comme lors des funĂ©railles de Victor Noir en janvier 1870, que la grève sĂ©vit au Creusot de janvier Ă avril 1870, NapolĂ©on III recourt une nouvelle fois au plĂ©biscite. Si le Oui » l'emporte, la France industrielle de l'Est, la France des grandes villes, Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, oĂą vivent les ouvriers, exprime fortement son opposition Ă l'Empire. Le complot de guerre de juillet 1870 n'est qu'une Ă©dition amendĂ©e du coup d'État de dĂ©cembre 1851. »1 La guerre contre la Prusse est alors imaginĂ©e par NapolĂ©on III et son gouvernement comme la meilleure rĂ©ponse pour restaurer l'ordre et accroĂ®tre la grandeur de l'Empire une guerre extĂ©rieure pour rĂ©soudre des problèmes intĂ©rieurs. Depuis sa naissance, le Second Empire revendiquait le retour aux frontières du premier Empire en particulier la rive gauche du Rhin Ă©tait particulièrement convoitĂ©e. Lors de la guerre austro-prussienne de 1866, en Ă©change de la neutralitĂ© de l'Empire français, Bismarck avait promis des compensations territoriales avant de revenir sur sa parole. Sous un prĂ©texte diplomatique mineur la candidature d'un prince allemand au trĂ´ne d'Espagne, le 19 juillet 1870, l'Empire français dĂ©clare la guerre au royaume de Prusse. II. Les causes immĂ©diates de la Commune la guerre franco-prussienne et le siège de Paris Dès dĂ©but aoĂ»t 1870, l'Empire français essuie revers sur revers Ă Wissembourg, Froeschwiller et Forbach. Parallèlement, l'effervescence rĂ©volutionnaire s'est accrue avec l'entrĂ©e en guerre en aoĂ»t 1870, les manifestations au Creusot, contre la guerre Ă Paris, les tentatives d'instauration d'une Commune Ă Marseille, Ă Lyon tĂ©moignent du climat insurrectionnel dans les centres industriels et les grandes villes. A l'annonce de la dĂ©faite de l'armĂ©e française et de l'emprisonnement de NapolĂ©on III Ă Sedan le 2 septembre 1870, la rĂ©volution se met en marche dans les grandes villes qui proclament simultanĂ©ment la RĂ©publique, Ă Paris, Marseille et Lyon. A Paris, le 4 septembre 1870, les manifestants envahissent l'AssemblĂ©e nationale. AussitĂ´t les dĂ©putĂ©s rĂ©publicains de Paris se prĂ©cipitent Ă l'HĂ´tel-de-Ville et se dĂ©clarent gouvernement provisoire afin de limiter les vellĂ©itĂ©s des manifestants des faubourgs, des militants de l'Internationale, des socialistes. Ces dĂ©putĂ©s, au nom de la RĂ©publique et de la lutte contre l'ennemi prussien en marche sur Paris, forment alors un gouvernement de DĂ©fense nationale prĂ©sidĂ© par le gĂ©nĂ©ral Trochu. Ce gouvernement des Jules Simon, Favre, Ferry, Trochu, assistĂ© par un Adolphe Thiers envoyĂ© spĂ©cial dans les cours d'Europe pour demander leur mĂ©diation, fait en rĂ©alitĂ© semblant de combattre la Prusse et passe son temps Ă nĂ©gocier la reddition avec Bismarck dès le 19 septembre 1870, Favre rencontre Bismarck au château de Ferrières pour mieux Ă©craser la classe ouvrière qui se dresse. La ville de Paris, oĂą la rĂ©volution avait commencĂ©, est le lieu oĂą va se cristalliser la guerre civile entre la bourgeoisie et le prolĂ©tariat. A partir du 19 septembre 1870, Paris est encerclĂ©e par les armĂ©es prussiennes. Le premier siège de Paris commence et dure 4 mois dans des conditions terribles de froid, de famine et de bombardements. Pour se dĂ©fendre, le peuple se mobilise et s'arme des 24 000 gardes nationaux, l'on passe Ă 300 000 pendant le siège, en plus de l'armĂ©e de mĂ©tier. Des canons pour dĂ©fendre Paris sont achetĂ©s par souscription de la population. Mais Paris armĂ© Ă©tait la rĂ©volution armĂ©e. Une victoire de Paris sur l'agresseur prussien aurait Ă©tĂ© une victoire de l'ouvrier français sur la capitaliste français et ses parasites d'État. Dans ce conflit entre le devoir national et l'intĂ©rĂŞt de classe , le gouvernement de la DĂ©fense nationale n'hĂ©sita pas un instant Ă se changer en un gouvernement de la DĂ©fection nationale. »1 Les capitulations de l'armĂ©e, dirigĂ©es par des gĂ©nĂ©raux royalistes se multiplient Toul, Strasbourg, OrlĂ©ans, Soissons, Metz … tandis que le prolĂ©tariat des grandes villes, Ă Paris, Lyon, Marseille essaie de reprendre le pouvoir le 31 octobre 1870, l'HĂ´tel-de-Ville est occupĂ© par la classe ouvrière en colère. Le gouvernement joue la farce de la DĂ©fense nationale jusqu'au 28 janvier 1871 oĂą les masques tombent le gouvernement signe l'armistice avec la Prusse, accepte de perdre l'Alsace et la Lorraine contre l'assurance de pouvoir faire marcher ses armĂ©es sur les insurgĂ©s parisiens ! Le peuple de Paris qui avait tellement souffert du siège mesure la trahison du gouvernement de DĂ©fense nationale. L’armistice stipule que des Ă©lections lĂ©gislatives doivent avoir lieu dans les trois semaines et que l'AssemblĂ©e Ă©lue ratifiera alors la paix le 8 fĂ©vrier 1871, c'est une assemblĂ©e majoritairement royaliste et rĂ©actionnaire qui est Ă©lue, prĂŞte Ă toutes les compromissions pour le retour de l'ordre. Thiers est Ă©lu le 17 fĂ©vrier 1871 chef du pouvoir exĂ©cutif » par l'AssemblĂ©e nationale rĂ©unie Ă Bordeaux. Dès lors, il multiplie les mesures pour dĂ©capiter le prolĂ©tariat parisien menace de suppression de la solde des gardes nationaux ; paiement immĂ©diat des arriĂ©rĂ©s de loyers et des effets de commerce ; dĂ©capitalisation de Paris au profit de Versailles ; nomination d'ambassadeurs orlĂ©anistes ; sentences de mort contre Blanqui et Flourens, chefs de l'insurrection ; interdiction des journaux rouges » parisiens ... Et pour finir il dĂ©cide de dĂ©sarmer Paris en saisissant les canons que le peuple a lui-mĂŞme contribuĂ© Ă payer par souscription. C'est l'ultime trahison … III. Le 18 mars 1871 C'est le premier des 72 jours d'existence de la Commune de Paris. La veille, la nuit du 17 au 18 mars 1871, le conseil des ministres, prĂ©sidĂ© par le chef du pouvoir exĂ©cutif, Adolphe Thiers, dĂ©cide la saisie des canons regroupĂ©s Ă Montmartre, Belleville et autres lieux de Paris que la Garde nationale a dĂ©mĂ©nagĂ©s le 26 fĂ©vrier 1871 pour les mettre hors d'atteinte lors de l'entrĂ©e des Prussiens Ă Paris dĂ©but mars. Le conseil des ministres prĂ©voit Ă©galement l'arrestation des principaux meneurs rĂ©volutionnaires et le quadrillage militaire de Paris. Mais le 18 mars 1871, rien ne se passe comme l'avait imaginĂ© le gouvernement si, Ă trois heures du matin, Ă peine une heure après la fin du conseil des ministres, les troupes investissent bien les diffĂ©rents quartiers de Paris, l'enlèvement des canons s'avère plus compliquĂ© que prĂ©vu, faute d'attelages ; et surtout, les quartiers populaires de Montmartre et de Belleville se rĂ©veillent et empĂŞchent la saisie des canons ; refusant d’obĂ©ir aux ordres des officiers de tirer sur la foule prĂ©sente, les troupes fraternisent avec le peuple. Face Ă la contre-offensive des gardes nationaux, Thiers et son gouvernement s'enfuient et gagnent Versailles dans l'après-midi. A minuit, le ComitĂ© central de la Garde nationale prend possession de l'HĂ´tel-de-Ville. Afin de dĂ©crire l'ambiance de cette première journĂ©e de la Commune de Paris, il nous a semblĂ© intĂ©ressant de donner la parole Ă deux femmes qui y ont participĂ©, l'une très cĂ©lèbre, institutrice, militante fĂ©ministe, Louise Michel, l'autre ambulancière, cantinière et infirmière, Victorine Malenfant, toutes deux combattantes sur les barricades et Ă l'un des journalistes qui a chroniquĂ© au jour le jour la Commune, Prosper-Olivier Lissagaray, La nuit du 17 au 18 mars 1871, Louise Michel 29 mai 1830-9 janvier 1905, membre des deux comitĂ©s de vigilance, celui des femmes et celui des hommes, du XVIIIe arrondissement, oĂą elle travaille comme institutrice, est sur la Butte au poste de la Garde nationale, au n°6 de la rue des Rosiers et voit tomber le factionnaire Turpin2. Je descends la butte, ma carabine sous mon manteau, en criant Trahison ! Une colonne se formait, tout le comitĂ© de vigilance Ă©tait lĂ FerrĂ©3, le vieux Moreau, Avronsart, Lemoussu4, Burlot, Scheiner, Bourdeille. Montmartre s'Ă©veillait, le rappel battait, je revenais en effet, mais avec les autres Ă l'assaut des buttes. Dans l'aube qui se levait, on entendait le tocsin ; nous montions au pas de charge, sachant qu'au sommet il y avait une armĂ©e rangĂ©e en bataille. Nous pensions mourir pour la libertĂ©. On Ă©tait comme soulevĂ©s de terre. Nous morts, Paris se fĂ»t levĂ©. Les foules Ă certaines heures sont Ă l'avant-garde de l'ocĂ©an humain. La Butte Ă©tait enveloppĂ©e d'une lumière blanche, une aube splendide de dĂ©livrance. Tout Ă coup je vis ma mère près de moi et je sentis une Ă©pouvantable angoisse ; inquiète, elle Ă©tait venue, toutes les femmes Ă©taient lĂ , montĂ©es en mĂŞme temps que nous, je ne sais comment. Ce n'Ă©tait pas la mort qui nous attendait sur les Buttes oĂą dĂ©jĂ pourtant l'armĂ©e attelait les canons, pour les rejoindre Ă ceux des Batignolles enlevĂ©s pendant la nuit, mais la surprise d'une victoire populaire. Entre nous et l'armĂ©e, les femmes se jettent sur les canons, les mitrailleuses ; les soldats restent immobiles. Tandis que le gĂ©nĂ©ral Lecomte commande feu sur la foule, un sous-officier sortant des rangs se place devant sa compagnie et plus haut que Lecomte crie Crosse en l'air ! Les soldats obĂ©issent. C'Ă©tait Verdaguerre, qui fut, pour ce fait surtout, fusillĂ© par Versailles quelques mois plus tard. La RĂ©volution Ă©tait faite. … La victoire Ă©tait complète ; elle eut Ă©tĂ© durable, si dès le lendemain, en masse, on fĂ»t parti pour Versailles oĂą le gouvernement s'Ă©tait enfui. Beaucoup d'entre nous fussent tombĂ©s sur le chemin, mais la rĂ©action eĂ»t Ă©tĂ© Ă©touffĂ©e dans son repaire. La lĂ©galitĂ©, le suffrage universel, tous les scrupules de ce genre qui perdent les rĂ©volutions, entrèrent en ligne comme de coutume. » Louise Michel, La Commune, histoire et souvenirs, La DĂ©couverte/Poche, 1999 1ère Ă©dition, 1898 Fin fĂ©vrier 1871, Victorine Malenfant Ă©pouse Rouchy puis Brocher 4 septembre 1839-4 novembre 1921, rentre d'OrlĂ©ans Ă Paris avec son mari qui, fait prisonnier par les Allemands, s'est Ă©vadĂ©. Elle-mĂŞme, après avoir participĂ© comme ambulancière Ă des opĂ©rations sur la Marne et aux remparts Ă Auteuil, dĂ©missionne, suite Ă des dĂ©mĂŞlĂ©s avec son capitaine, de la 7e compagnie du 17e bataillon de la Garde nationale. Vers 10 heures du matin, nous entendĂ®mes des marchands de journaux crier dans les rues de Paris Surprise, Montmartre attaquĂ©, canons pris, la Garde nationale fraternise avec l'armĂ©e, les soldats mettent la crosse en l'air, le gĂ©nĂ©ral Lecomte est prisonnier ! » Mon mari et moi nous allâmes pour savoir ce qu'il y avait de vrai dans ces racontars. Le faubourg Saint-Germain semblait si Ă©loignĂ© de la vie active des autres faubourgs. Nous passâmes sur la place de l'HĂ´tel-de-Ville, oĂą il y avait une grande animation. Les vendeurs de journaux avaient dit vrai. Le comitĂ© central au complet Ă©tait rĂ©uni Ă l'HĂ´tel de Ville. Ils Ă©taient tous trop heureux, le soleil s'Ă©tait mis de la partie, une journĂ©e splendide. Le Paris qui voulait son affranchissement semblait respirer une atmosphère plus salutaire ; nous pensions en effet qu'une ère nouvelle allait s'ouvrir. Mais il ne suffit pas d'avoir triomphĂ©, il faut savoir garder le terrain conquis. Le peuple et le comitĂ© central ne pensaient mĂŞme pas Ă prendre des mesures nĂ©cessaires pour continuer leur victoire et assurer son succès. Il Ă©tait 2 heures environ, lorsque nous Ă©tions Ă la place de l'HĂ´tel-de-Ville ; tout le monde avait l'air en fĂŞte, et ce pauvre Paris qui a toujours besoin de clinquant nous donnait le spectacle d'un magnifique dĂ©filĂ© militaire de la ligne, des gendarmes allant Ă Versailles, qui, avec des caisses, des malles, des paquets sur leurs Ă©paules, emportaient avec eux argent et archives ; et, qui plus est, tous ces gaillards allaient renforcer les bataillons des Thiers et Cie, lesquels en rĂ©alitĂ© Ă©taient en dĂ©sarroi, en ce moment-lĂ . On dit que le peuple est mĂ©chant et cruel, moi je dis qu'il est bĂŞte ; c'est toujours le pauvre oiseau qui se laisse plumer, et cette fois vraiment, il le fit bĂŞtement, stupidement. … La journĂ©e du 18 mars, si belle Ă son aurore, Ă©tait vaincue d'ores et dĂ©jĂ au dĂ©clin du jour. L'insuccès de la rĂ©volution est tout entier dans cette journĂ©e qui promettait tant. Si, au premier moment d'effervescence, on avait fermĂ© les portes de la capitale et empĂŞchĂ© de dĂ©valiser archives et monnaie et fait bonne justice de ces gens-lĂ , je ne dis pas en les tuant, mais en les faisant simplement prisonniers, jusqu'Ă ce que la force morale eĂ»t vaincu la force brutale, Thiers n'aurait pas eu le temps de tromper l'opinion publique de la province par ses mensonges et ses corruptions. » Victorine Brocher, Souvenirs d'une morte vivante, Une femme du peuple dans la Commune de 1871, Libertalia, 2017 1ère Ă©dition, 1909 Prosper-Olivier Lissagaray 24 novembre 1838-25 janvier 1901, installĂ© Ă Paris depuis 1860, journaliste, participe Ă la proclamation de la RĂ©publique en septembre 1870 et se met Ă la disposition de Gambetta. Successivement chef de cabinet, commissaire de guerre Ă Toulouse, chef d'escadron d'Ă©tat-major dans l'armĂ©e du gĂ©nĂ©ral Chanzy , il quitte son rĂ©giment Ă l'annonce des Ă©vĂ©nements du 18 mars 1871 et regagne Paris pour se consacrer Ă ses activitĂ©s de journaliste. Vers trois heures, les bataillons populaires du Gros-Caillou dĂ©filèrent devant l'hĂ´tel, tambours et clairons en tĂŞte. Les ministres se crurent perdus. M. Thiers se sauva par un escalier dĂ©robĂ© et partit pour Versailles tellement hors de sens que, au pont de Sèvres, il donna l'ordre Ă©crit d'Ă©vacuer le mont ValĂ©rien. … A sept heures et demie, l'HĂ´tel-de-Ville est cernĂ©. Les gendarmes qui l'occupent s'enfuient par le souterrain de la caserne Lobau. Vers huit heures et demie, Jules Ferry et Fabre, totalement abandonnĂ©s par leurs hommes, laissĂ©s sans ordres par le Gouvernement, partent Ă leur tour. Peu après, la colonne Brunel dĂ©bouche sur la place et prend possession de la Maison commune dĂ©serte et noire. Brunel fait allumer le gaz et hisser le drapeau rouge au beffroi. ... La place vivait comme en plein jour. Par les croisĂ©es de l'HĂ´tel-de-Ville on voyait circuler la vie, mais rien qui ressemblât aux tumultes passĂ©s. Les sentinelles ne laissaient pĂ©nĂ©trer que des officiers ou des membres du ComitĂ© Central. Ils Ă©taient arrivĂ©s un Ă un depuis onze heures et se trouvaient rĂ©unis une vingtaine dans ce mĂŞme salon oĂą avait confĂ©renciĂ© Trochu, très anxieux et très hĂ©sitants. Aucun d'eux n'avait rĂŞvĂ© ce pouvoir qui tombait si lourdement sur leurs Ă©paules. Beaucoup ne voulaient pas siĂ©ger Ă l'HĂ´tel-de-Ville, rĂ©pĂ©taient sans cesse Nous n'avons pas mandat de Gouvernement » ; la discussion renaissait Ă chaque nouvel arrivant. Un jeune homme, Edouard Moreau, mit de l'ordre dans les idĂ©es. Il fut convenu qu'on ne pouvait abandonner le poste conquis, mais qu'on n'y resterait que pour les Ă©lections, deux ou trois jours au plus. … La nuit fut calme, d'un calme mortel pour la libertĂ©. Par les portes du sud, Vinoy emmenait Ă Versailles rĂ©giments, artillerie, bagages. Les soldats se traĂ®naient, insultaient les gendarmes. L'Ă©tat-major, suivant ses traditions, avait perdu la tĂŞte, oubliait dans Paris trois rĂ©giments, six batteries, toutes les canonnières qu'il eĂ»t suffi d'abandonner au cours de l'eau. La moindre dĂ©monstration des fĂ©dĂ©rĂ©s eĂ»t arrĂŞtĂ© cet exode. Loin de fermer les portes, le nouveau commandant de la garde nationale, Lullier, laissa – il s'en est vantĂ© devant le conseil de guerre – toutes les issues Ă l'armĂ©e. » Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871, La DĂ©couverte/Poche, 2000 1ère Ă©dition, 1876 Leur rĂ©cit, certes dĂ©livrĂ© après les Ă©vĂ©nements de mai, est limpide et rejoint les analyses de Karl Marx et de Friedrich Engels sur l'offensive qui aurait dĂ» ĂŞtre menĂ©e dès le 18 mars 1871 contre Versailles et sur la rĂ©quisition de l'or de la Banque de France5 Ces deux Ă©pisodes dĂ©montrent pour nous la sagacitĂ© de la formule cĂ©lèbre de Marx Mais la classe ouvrière ne peut pas simplement mettre la main sur une machine d'État toute faite et la manier Ă ses fins propres ». Ainsi que l'Ă©crit LĂ©on Trotsky en 1921 Nous pouvons ainsi feuilleter page par page l'histoire de la Commune et nous y trouverons une seule leçon il faut une forte direction de parti »6. 1. Karl Marx, La Guerre civile en France, 1871 La Commune de Paris, Londres, 30 mai 1871. 2. Germain Turpin, garde national, Ă©tait un ouvrier maçon de 36 ans. 3. ThĂ©ophile FerrĂ© 6 mai 1846-28 novembre 1871, membre de la Commune, substitut du procureur puis dĂ©lĂ©guĂ© Ă la SĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale, exĂ©cutĂ© Ă Satory. 4. Benjamin Le Moussu 14 juin 1846-25 mai 1907, commissaire aux dĂ©lĂ©gations judiciaires de la Commune. 5. Sur l'offensive contre Versailles voir la lettre de Karl Marx Ă Karl Liebknecht du 6 avril 1871 ; sur la Banque de France, voir l'introduction de Friedrich Engels du 18 mars 1891 Ă La Guerre civile en France de Karl Marx. 6. LĂ©on Trotsky, Les Leçons de la Commune, fĂ©vrier le mercredi 24 mars 2021ProsperÂ-Olivier LissagarayVictorine MalenfantLouise MichelAdolphe ThiersParis, Montmartre, Champ des Polonais, canons, 1871Paris, Montmartre, rue de la Bonne,1871 photo de Bruno BraquehaisVoir aussi dans la catĂ©gorie DossiersDossier La Commune de Paris 150e anniversaireNotre journal La Commune propose Ă ses lecteurs deux dossiers consacrĂ©s au 150e anniversaire de la Commune de Paris le premier, dans le numĂ©ro 127, retrace, Ă la lecture de La Guerre civile en...Dossier santĂ©30 004 morts le bilan du COVID-19 en Franceest le rĂ©sultat de 40 ans d'attaques de l'hĂ´pital public !TOUS COUPABLES ET RESPONSABLES ! 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mars 18, 2021 150 ans de la Commune de Paris Rosa-Luxemburg-Stiftung Le début d’un nouveau monde ? Le 18 mars, date du 150e anniversaire de la proclamation de la Commune de Paris, la Fondation Gabriel Péri Paris et la Rosa-Luxemburg-Stiftung Berlin ont organisé un événement en ligne au cours duquel des historiens et des hommes politiques allemands et français ont discuté de leurs perspectives sur cet événement historique mondial. Les expériences et l’héritage de la Commune ont été inscrits dans l’histoire du mouvement ouvrier, mais aussi dans les histoires nationales respectives de la France et de l’Allemagne. Entre les trois panneaux, des documents et des contributions artistiques ont été présentés, témoignant de l’impact culturel de cet événement historique, qui aujourd’hui n’est trop souvent mentionné qu’en passant.
N°WT BKCNEP-2021-1 Description Bloc CNEP Charles de Gaulle 1890-1970 Commentaire Dans le cadre du 150e anniversaire des événements de la Commune de Paris, notre partenaire la la Chambre syndicale française des Négociants et Experts en Philatélie, édite un nouveau bloc le 28 mai 2021 rendant hommage à Louise Michel 1830-1905. En savoir plus sur Wikipédia Louise Michel Mots clefs enjolras - institutrice - écrivaine - militante - anarchiste - féministes - commune - blanquistes - déportée - nouvelle-calédonie - prolétaires - révolutionnaire - Ventes / EBAY cnep 2021 michel Pour que votre annonce ebay/delcampe figure dans nos recherches, vérifiez qu’elle comporte les termes ci-dessus. Télécharger ce timbre
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